La question mérite d’être posée frontalement : D’où vient cet argent, et selon quel mécanisme budgétaire ? Ni les communiqués de la Présidence ni les relais médiatiques n’ont précisé si ces enveloppes proviennent de crédits déjà votés en loi de finances, de réaffectations internes, de recettes exceptionnelles, ou d’un simple arbitrage politique en dehors du calendrier budgétaire ordinaire.
Ce flou sur l’origine des fonds interroge d’autant plus que le Gabon reste engagé dans un programme de consolidation budgétaire avec le FMI, censé encadrer strictement les dépenses publiques.
Un endettement qui rend ces annonces d’autant plus sensibles Le pays porte une dette publique qui reste sous surveillance des agences de notation et des bailleurs internationaux, dans un contexte où chaque franc engagé est censé répondre à une logique de soutenabilité.
Sortir plusieurs milliards « sur décision présidentielle » pour des urgences sectorielles, aussi légitimes soient-elles, pose la question de la cohérence entre le discours de rigueur budgétaire tenu devant les partenaires financiers et la pratique d’annonces chiffrées répétées, décorrélées d’un cadre pluriannuel lisible.
Un exercice de transparence sur la source exacte de ces financements :Trésor public, réaffectation de crédits ministériels, ou marge dégagée sur d’autres postes, permettrait de lever le doute sur la soutenabilité réelle de ces gestes.
